Le spectacle qui s'offrait aux yeux d'un pêcheur assis par là depuis le temps ou le soleil ce fut levé, était grandiose.
Forcément, dans cette eau si pure, s'il ne pouvait pêcher de sirène, il pêcherait des poissons magnifiques, avec lesquels, il ferait fortune et pourrait nourrir toute sa famille pour le restant du mois.
Alors que le soleil qui brillait de plus en plus fort, commençait à l'assoupir, à peine visible à la surface de l'eau, de petites ondes avec un reflet rose se firent entrevoir. L'espace d'une seconde, il jura voir un immense poisson. Le plus gros des poissons. Mais la surface était déjà lisse. Surement avait-il du s'échapper dans un petit rêve. Une illusion. Quand, tout d'un coup, il entendit un bruissement, un claquement sec et finalement un gros bruit d'éclaboussure.
Quelques instants plus tard, voilà le pêcheur entrain de hisser sur les rives fleuries un jeune homme, qui un peu trop rêveur avait trébuché et finit ses songes, dans un bain d'eau douce.
« Jeune homme, que vous a-t-il prit de plonger ainsi dans ce courant, vous auriez pu vous noyez. » s'exclama-t-il.
Essuyant les goûtes qui perlaient sur son front comme de la rosée, d'une main encore humide, la baladeur du matin répondit, d'un souffle profond, « Monsieur, je n'ai point fait exprès, mes pas mon trahi ».
Se jeune homme, s'était toujours fait confiance dans la vie. Dès son adolescence et ceci grâce à une riche expérience de vie, il avait décidé de se laisser guider par son instinct. Ainsi, ce baladait-il toujours en suivant ses pas. Pour la première fois, ceux-ci l'avaient trompé. Enfin, le croyait-il...
« Jeune homme, connaissez vous le mystère de cette rivière ? » demanda le pêcheur. « Non, absolument pas. Je ne savais même pas qu'elle avait une légende cette rivière, qu'elle est-elle donc ? »
Eh bien voilà, repris le vieil homme. Un jour une princesse quitta ses terres de jeunesse, pour venir s'installer dans un grand château sur la rive d'en face. Elle aurait dû être heureuse, mais voilà, celle-ci ne se sentit plus jamais chez elle, plus jamais comme un poisson dans l'eau. Elle ne connaissait plus les rues, plus les façades, plus aucun bruit ne luit était familier.
Désormais, parait-il qu'elle passe son temps, assise sur le rebord de la fenêtre, à rêvasser, à chanter et parfois verse-t-elle quelques larmes.
Mais ses larmes sont magiques. Elles coulent jusqu'au fleuve et de là, créé un courant opposé à l'autre rive, rendant toute approche impossible.
La légende veut, que seul celui qui pourra la délivrer de sa prison, arrivera à atteindre l'autre rive.
Alors qu'à ces dires, le jeune homme commençait à rêver, de toucher l'autre côté de la rive, une princesse, chantait ces jours, assise sur le bord de la fenêtre de la plus haute tour de son château. Les idées défilaient dans sa tête, encore et toujours. Elle pensait que pendant ce petit laps de temps qu'elle était entrain de passer sur terre, forcément la vie est faites pour être belle, qu'elle lui sourirait, la tâche de vivre deviendrait légère et amusante, même merveilleuse. Elle savait que pour ceci, il faudrait un élément nouveau, une personne, une rencontre, un prince, qui pour l'instant n'est autre que fantôme. Cet espoir lui procurait un souffle d'énergie, qui lui permettait de faire de longs voyages, dans un monde magique de rêves et de pensées délicieuse, loin, très loin de son continent, hors des murs de son palais, au-delà des frontières. Elle vole, elle court, elle marche, dort... puis on la réveille, mais elle sait que c'était plus qu'un simple rêve. Un jour viendra.
Le réveil vient trop top, trop vite, déjà de retour, et là voilà qu'elle se demande si elle était vraiment partie ou non. Refusant d'admettre qu'elle ne s'était pas éloigné du rebord de sa fenêtre, c'était si injuste... mais là voilà apaisée, par cette cohérence dans son c½ur...
Pendant ces rêvasserie et pas si loin de là, un jeune homme s'était jeté à l'eau et cette fois-ci volontairement.
Une douce mélodie venant du fond de la rivière l'avait attiré. Il n'avait pu se retenir et avait plongé dans l'eau. Il n'avait jamais été bon nageur et le courant était si fort. Mais sont envie de voir si le comte était réel ou non, était telle, qu'il continuait à nager, se débâtant de toute son énergie dans l'eau.
Le pêcheur, qui se demandait qui était vraiment ce jeune écervelé, qui après avoir échappé à la noyade une première fois, risquait à nouveau de se noyer, le voyait progresser. Il avait déjà fait un tiers du parcours.
Le temps passait, ses forces diminuaient, mais son moral tenait bon. Il voulait toucher cette autre rive, pouvoir s'y balader, croiser cette princesse qui chantait si bien. Il nagea, encore et encore. Il s'épuisait. Il n'avançait plus, ni ne reculait. Ses forces l'abandonnait, mais il ne voulait pas se résigner, il était si proche...
Cette fois, il s'enfonçait dans l'eau, il n'y arrivait plus. Ses yeux qui se voilait de gris, allait se fermer, lorsque tout autour de lui, l'eau devin rose. Il ne le vit pas tout de suite, il croyait voir l'ombre d'une barque à la surface, mais il vit un immense poisson arriver. Big Fish.
Le jeune homme se sentit directement apaisé et sourit au poisson. Son sourire sembla lui être rendu, mais il ne pouvait l'affirmer avec certitudes. Dans tout les cas, le poisson vint ce mettre sous le jeune homme, le soulever, le ramener à l'air libre, la ou il pourrait se glisser sur la rive tant désirée.
Alors qu'étendu sur la rive, le jeune sauvé des eaux voyait le poisson retourner au large de la rivière, petit à petit ses idées se remirent en place.
Il y avait eu ce compte, cette mélodie, ce bleu de l'eau, puis se rose et le poisson et le voilà ici, de l'autre coté. Il voyait le pêcheur, qui abasourdit ce demandait comment il était arrivé là. La scène lui avait paru tellement absurde, il aurait juré voir le garçon nager au dessus de l'eau, qu'il préférait ranger ses affaires et retourner auprès de sa petite famille.
Un petit sentier s'enfonçait dans l'ombre de la forêt. Plutôt que de longer la rive, le jeune homme s'y aventura. Il n'a plus le choix et s'enfonce dans le monde inconnu, de l'autre côté de la rivière.
Son corps traverse la muraille de feuilles denses. Les feuilles le caressent, l'essuient, le sèchent, le peignent.
Après avoir franchit d'un pas assuré des centaines haies d'arbre, il vit à nouveau le ciel. Le ciel bleu. Et là, que les mots bleus, les mots que l'on dit avec les yeux, purent exprimer toute l'intensité de l'émotion à laquelle il fut soumis, en voyant, en voyant...
Alors que la princesse pensait se retourner dans son palais, assise sur le bord d'une fenêtre, un bruissement de feuilles attira sont regard. Quand soudain, un jeune homme, au visage illuminé par une contemplation angélique lui apparu, là, juste sous sa fenêtre. Pourtant, personne ne venait. Personne ne pouvait venir. Elle était emprisonnée dans son monde. Seule.
... La, si haut perchée, si belle, si douce, une charmante princesse était là, à le regarder. Bien qu'éveillé, le jeune homme ne pouvait en croire ses yeux. Lui qui attendait depuis si longtemps de rencontrer une princesse, sa princesse, il ne pouvait se résoudre a l'idée d'être réellement au pied d'une princesse.
Réalisant, petit à petit, qu'il était bien dans un monde réel, un large sourire commençait à s'afficher sur son visage. Détail qui n'échappa à la princesse, qui tellement émue, laissa perler une larme d'émotion et de bonheur sur son visage et commença à chanter.
Un chant magnifique, une mélodie parfaite, les papillons, les oiseaux et mêmes tous les poissons du lac en étaient transcendé de bonheur.
Quand elle eu finit, une larme perla encore à ses yeux amandes, comme pour ponctuer ce chant si merveilleux. Et enfin un large sourire s'afficha sur son visage. Car en bas, le jeune homme écrivait dans l'herbe avec des pétales de roses, prises des rosiers entourant la muraille, un nom.
Amira.
Sa princesse à lui. Un seul regard lui avait suffit, pour sentir, savoir, que c'était sa princesse. Son c½ur ne pouvait le trahir à se point, ni ses pas. Tout était clair, sûre.
Tout deux assis sur le bord de la fenêtre, après la plus délicieuse journée de leur existence, ils regardaient le soleil se coucher. Un magnifique couché de soleil. Une lumière rose partout dans le ciel.
Pour la première fois, il la regarda avec un air, très légèrement triste. Elle avait déjà compris, qu'il devait s'en aller. La jeune princesse hoche la tête, pour dire qu'elle comprend. Et déjà, ils sont aux portes de son royaume.
Une promesse de revenir.
Bien plus qu'une promesse. Un lien du c½ur. Un sentiment si profond, puis il se détourne, met un pied devant l'autre et s'éloigne. Un peu plus loin, quand il est sûr qu'elle ne pourra pas le voir, il laisse glisser sur ses pupilles un vernis liquide et tiède.
La princesse, encore émerveillée, au moment de le voir disparaître, ses yeux bleus, deviennent océan, semblable à des miroirs reflétant l'océan de la vie. On aurait cru voir un Big Fish dans cette mer bleue.



